On lira cette semaine dans La Tribune des travailleurs, hebdomadaire du Parti des travailleurs et tribune libre de la lutte des classes, l’interview de Randa Baas, « exilée syrienne qui aspire à ne plus l’être ».
À la question : « Ta première réaction à la chute du régime ? », elle répond : « […] D’abord, une joie énorme, car ce régime règne depuis cinquante-quatre ans et il était plus que temps qu’il s’en aille […]. Ensuite, de l’inquiétude pour le sort des disparus. Au moins 100 000 personnes […] ont disparu dans les geôles du régime, mais aussi des différentes factions armées. Le monde découvre aujourd’hui les images de cette répression. Un monde qui a été malheureusement aveugle devant notre souffrance. Je pense notamment aux prétendus gens de “gauche, “anti-impérialistes”, qui pensaient que ce régime était “progressiste”, “anti-impérialiste” ou “antisioniste” et qui découvrent les horreurs qu’il a commises […]. À tous ceux-là, je voudrais dire droit dans les yeux : comment avez-vous pu nous ignorer et ignorer vos principes ? »
Elle précise sa conception de l’avenir du pays : « Al-Joulani (le chef des milices venues du nord) est un islamiste, même si aujourd’hui il tente de changer de discours, d’image […]. Je me félicite que […] tous les réfugiés soient autorisés à rentrer au pays. Mais je m’inquiète pour l’intégrité de notre pays. On voit comment Israël – qui n’a cessé de bombarder la Syrie ces dernières années – a bombardé intensément […]. Il y a aussi l’ingérence américaine dans le nord-est et celle des Turcs, qui sont très inquiétantes. Or c’est au peuple syrien et à lui seul de décider de son sort […]. » (Lire l’intégralité de l’interview dans La Tribune des travailleurs n° 469, 11 décembre 2024).
Ce qui se passe en Syrie doit être mis en rapport avec la guerre menée par les grandes puissances capitalistes : une seule et même guerre impérialiste, des champs de bataille d’Ukraine et de Russie au génocide à Gaza et à l’invasion criminelle du Liban, de la guerre sans fin au Soudan et en République démocratique du Congo aux préparatifs de guerre américaine contre la Chine. Une « guerre à l’extérieur » qui accélère la « guerre à l’intérieur » des gouvernements capitalistes contre les travailleurs et les conquêtes ouvrières et démocratiques arrachées par les générations précédentes.
C’est contre cette guerre que des centaines de militants ouvriers de 43 pays lancent un appel à une rencontre internationale d’urgence contre la guerre impérialiste globale en mars 2025.
Signez l’appel, faites signer l’appel du Parti des travailleurs :
« Pas un sou, pas un homme, pas une arme pour la guerre ! »








