Cela n’est un secret pour personne, nous avons de nombreux désaccords avec la France insoumise. Nous ne partageons ni son double langage sur la guerre – qu’elle dénonce tandis qu’elle vote dans le même temps pour les crédits de guerre au Parlement européen – ni sa conception d’un mouvement gazeux étranger à l’existence du mouvement ouvrier, cherchant à intégrer les syndicats dans l’écurie présidentielle de Mélenchon. Pas davantage ne partageons-nous sa vision d’une société divisée entre « racisés » et « non-racisés », ou le concept de la nouvelle France opposée à l’ancienne.
Pour autant, nous nous devons de dénoncer la campagne engagée par le sommet de l’État contre la France insoumise, comme un scandaleux déni de démocratie. La mort d’un membre d’une organisation d’extrême droite, jeudi dernier à Lyon, est utilisée comme un prétexte pour faire de la France insoumise la responsable de ce tragique événement.
Il y a un principe dans ce que la classe bourgeoise appelle elle-même « l’État de droit ». Ce principe, c’est la présomption d’innocence. La présomption d’innocence vaut évidemment lorsque l’on parle d’événements ayant abouti à la mort d’un jeune homme. Mais la présomption d’innocence vaut aussi en politique. Avant d’affirmer que la France insoumise est responsable de ces événements, encore faudrait-il établir les faits.
Chacun peut avoir sur ces questions le jugement qu’il entend. Mais ce n’est pas le rôle de l’État, du ministre de l’Intérieur, du ministre de la Justice, du président de la République Macron, de décréter qui est coupable et qui ne l’est pas.
Sur ce point précis, et indépendamment des désaccords politiques qui nous opposent, nous tenons à affirmer notre solidarité avec la France insoumise face à la honteuse campagne déchaînée contre elle.
Daniel Gluckstein
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17 février 2026





