Macron veut faire voter 377 milliards pour la guerre

Macron veut faire voter 377 milliards pour la guerre

Depuis l’arsenal de Toulon, Emmanuel Macron a présenté la prochaine loi de programmation militaire.

Le budget consacré à la guerre augmentera de 28 %.

377 milliards d’euros iront aux armées. Peut-être plus, cela pourrait aller jusqu’à 410 milliards.

Il prépare la guerre généralisée…

Pour Macron, les zones de guerre possibles sont nombreuses : « La Méditerranée, la mer Noire, l’aire baltique, les Balkans, l’Atlantique Nord mais aussi l’Afrique et le Moyen-Orient offrent des perspectives de confrontation prolongée. » Il vise aussi la Chine.

Au côté de qui Macron veut-il engager le pays toujours plus avant dans la guerre ?

Devant « l’immense difficulté pour la France de répondre seule à l’ensemble des défis », il en appelle au « maintien d’un haut niveau d’interopérabilité avec les États-Unis» dans le cadre de l’OTAN.

… et l’appauvrissement de toute la population…

Pendant que des dizaines de milliards d’euros vont nourrir la guerre américaine et son cortège de malheur :

  • L’inflation ronge les budgets des familles populaires : + 11,8 % sur les produits alimentaires sur un an.
  • Les charges locatives explosent.
  • Le prix du gaz a augmenté de 30 % sur un an. Celui de l’électricité de 10,7 %.
  • À partir du 16 novembre, il faudra payer 30 centimes de plus par litre d’essence.

… tandis que les multinationales se gavent !

Pendant que le pays s’appauvrit, les entreprises du CAC40 réalisent des profits historiques. En 2021, ils s’élèvent à 156,7 milliards d’euros. Quatre fois plus que l’année précédente.

Et pour les six premiers mois de 2022, les entreprises du CAC40 en sont déjà à 73 milliards d’euros de profits.

Les actionnaires s’en mettent plein les poches.

Le Parti ouvrier indépendant démocratique se prononce pour la réquisition des centaines de milliards prévus pour la guerre afin de les affecter aux écoles, à l’hôpital, à la création de dizaines de milliers d’emplois.

Il appelle à préparer dans tout le pays des rassemblements contre la guerre et l’exploitation les 9, 10 et 11 décembre, dans le cadre d’une initiative internationale lancée par des militants et organisations de 43 pays.

Le POID s’adresse à toutes les organisations pour multiplier les initiatives contre la guerre, à l’occasion des journées internationales des 9, 10 et 11 décembre

L’argent de la guerre doit être confisqué ! Tous les enfants doivent être soignés !

L’argent de la guerre doit être confisqué !
Tous les enfants doivent être soignés !

Le docteur Laurent Dupic, responsable du Smur pédiatrique à l’hôpital Necker – Enfants malades à Paris, alerte : à la date du 7 novembre, 38 enfants ont été transférés dans un service de réanimation à plus de 200 ou 250 kilomètres de leur domicile.

« Il y a bien des mises en danger d’enfants » en raison « de prises en charge dégradées » qui augmentent le risque de « drames potentiels » explique-t-il (Le Quotidien du Médecin, 7 novembre).

Comment en est-on arrivé là ?

À cause du gouvernement qui continue à fermer des lits et étrangle financièrement les hôpitaux.

À cause des gouvernements précédents qui, durant des décennies, ont asphyxié l’hôpital public et ont mis en place la tarification à l’activité (T2A), imposant une course à la rentabilité.

Et ce ne sont pas les 400 millions débloqués la semaine dernière qui vont améliorer la situation.

Car ces 400 millions ne sont pas réservés à la pédiatrie, mais destinés à l’ensemble des services en tension. Et tous les services hospitaliers sont en tension !

Pourtant, de l’argent, il y en a !

Le budget prévisionnel des armées pour 2023 augmente de 3 milliards, pour atteindre 43,9 milliards d’euros, avec l’assentiment de tous les groupes à l’Assemblée nationale.

Et ce n’est pas fini. Macron va présenter le 9 novembre, à Toulon, la loi de programmation militaire (LPM) pour 2024-2030.

On parle de 377 milliards au lieu des 295 milliards pour la LPM 2019-2025, soit 28 % de plus.

Et c’est encore insuffisant pour le ministère des Armées qui demanderait 400 à 410 milliards (+ 35 %). Sur la période 2024-2030, le budget annuel moyen des armées pourrait donc être compris entre 54 et 57 milliards d’euros !

Des sommes faramineuses qui permettraient de financer la création de milliers de postes de soignants, d’augmenter leurs salaires… et de ne pas transférer les enfants malades à des centaines de kilomètres de leur domicile.

L’argent de la guerre doit être confisqué !
Tous les enfants doivent être soignés !

Pédiatrie. Il faut absolument éviter des drames !

Pédiatrie
Il faut absolument éviter des drames !

La semaine dernière, 7 000 soignants en pédiatrie ont, dans une lettre au président de la République, dénoncé la dégradation des soins apportés aux enfants, qui les met en danger.

La situation des services de pédiatrie des hôpitaux publics est en effet dramatique.

Et quand arrive une épidémie de bronchiolite, cette situation devient intenable…

Une situation intenable pour les personnels

Des médecins qui n’en peuvent plus, des fins de contrat de praticiens étrangers ou des congés maternité qui ne sont pas remplacés, le nombre d’internes divisé par trois entre 2006 et 2018, des centaines de lits fermés, des plans blancs déclenchés…

Une situation intenable pour les enfants malades et leurs parents

Des heures d’attente interminables aux urgences, des enfants hospitalisés dans des lieux non adaptés, des transferts dans des hôpitaux éloignés, des reports d’interventions chirurgicales…

Pourtant, les soignants alertent depuis des années.

Mais le gouvernement reste sourd à leurs exigences.

La Tribune des travailleurs publie cette semaineles interviews que lui ont accordées Hiba Trraf, cheffe du service de pédiatrie de l’hôpital public de Montluçon (Allier) et le professeur Stéphane Dauger, chef du service de médecine intensive et de réanimation pédiatrique à l’hôpital Robert-Debré (AP-HP), à Paris.

Une délégation des 7 000 signataires du collectif de pédiatrie ira, le 2 novembre, porter la lettre au président de la République.

« Nous voulons que des mesures fortes, structurelles, urgentes soient mises en en place », a insisté le docteur Mélodie Aubart, neuropédiatre à l’hôpital Necker à Paris.

Oui, des mesures urgentes doivent être prises pour éviter des drames !

Augmenter immédiatement les salaires des aides-soignantes et des infirmières, verser les primes demandées, embaucher massivement des personnels et les former autant que nécessaire …

Autant de mesures qui doivent être prises tout de suite.

Il ne faut pas hésiter, pour les financer, à confisquer une partie des centaines de milliards offerts aux spéculateurs depuis mars 2020.

Pour qui gouvernent Macron et Borne ?

Pour qui gouvernement Macron et Borne ?

Depuis plusieurs semaines, Macron, Borne et tous leurs ministres reprennent le même refrain : une poignée de grévistes bloquerait la vie quotidienne de millions de Français.

La vérité : le P-DG de Total gagne 6 millions d’euros par an ! Combien sont-ils à gagner autant que lui ? Quelques centaines. Cette poignée d’ultra-riches, c’est elle qui bloque la vie de millions de travailleurs et de leurs familles à qui elle refuse l’augmentation des salaires rattrapant le pouvoir d’achat. Et c’est cette poignée de privilégiés que Macron et Borne défendent contre les besoins urgents de la grande majorité de la population.

Et c’est pourquoi les grèves se multiplient dans tout le pays dont la revendication commune est l’augmentation générale et immédiate des salaires.

Le gouvernement Macron-Borne, parce qu’il représente une petite minorité de profiteurs, utilise les moyens les plus antidémocratiques :

Ces grèves sont légitimes !

• il réquisitionne les grévistes, remettant en cause le droit de grève ;

• il fait matraquer les militants syndicaux qui manifestent le 18 octobre ;

• il utilise l’article 49-3 pour faire passer en force son budget contre les travailleurs ;

• dès que Biden et l’OTAN le lui demandent, il débloque de nouveaux crédits pour s’enfoncer toujours plus dans la guerre sous la conduite de l’OTAN.

Augmenter maintenant, tout de suite, les salaires et confisquer tous les profits : ces deux mesures sont urgentes.

Si Total persiste à refuser de répondre aux revendications des grévistes, alors il faudra bien renationaliser Total sans indemnité ni rachat, confisquer ses milliards de profits et les affecter immédiatement aux besoins urgents du peuple travailleur et de la jeunesse.

Et si Macron et Borne persistent dans leur politique anti-ouvrière et antidémocratique, ils ne feront que pousser les grèves à converger en un mouvement unique qui chassera ce gouvernement de misère, de guerre et de chômage.

Le bureau national du POID
Le 19 octobre 2022

Face à ce gouvernement de guerre, le Parti ouvrier indépendant démocratique réaffirme son soutien aux travailleurs en grève chez Total et Esso

Communiqué n° 2

En l’espace de quelques heures, la Première ministre Borne a déclenché la réquisition contre les grévistes des raffineries et engagé la procédure de l’article 49-3 de la Constitution pour faire passer son budget anti-ouvrier. Au même moment, Macron a annoncé de nouveaux envois de troupes et d’armes à l’est de l’Europe pour faire la guerre au compte de l’OTAN et de Biden.

Face à ce gouvernement de guerre, le Parti ouvrier indépendant démocratique réaffirme son soutien aux travailleurs en grève chez Total et Esso.

Depuis l’annonce de la réquisition, plusieurs assemblées générales ont reconduit la grève dans les raffineries, d’autres s’y sont engagées, de même que des syndicats qui, jusque-là, n’en étaient pas partie prenante.

Dans tout le pays, les travailleurs adoptent des motions de solidarité avec les grévistes des raffineries. Des assemblées générales sont convoquées. Une question y est débattue : les revendications des travailleurs des raffineries sont celles de tous les travailleurs, ne devons- nous pas nous aussi nous engager dans la grève ?

Après avoir joué la carte du pourrissement du conflit, le gouvernement voudrait l’écraser par la violence. Il faut l’en empêcher ! Un bloc a commencé à se constituer, celui des travailleurs unis avec leurs organisations autour des grévistes des raffineries. Il peut se transformer demain en un bloc compact de la grève tous ensemble pour les salaires, qui contraindra le gouvernement à reculer.

Le POID appelle tous ses adhérents à aider ce mouvement à mûrir, au coude-à-coude avec les travailleurs et les militants de toutes tendances et de toutes affiliations syndicales, partisans de l’unité ouvrière, et à participer à toutes les initiatives syndicales de soutien aux grévistes.

Le POID invite celles et ceux qui, comme nous, veulent en finir avec ce gouvernement de guerre contre les travailleurs, à l’extérieur comme à l’intérieur, à participer au meeting international contre la guerre et l’exploitation le 22 octobre à Paris.

Montreuil, Le 12 octobre 2022, à 16h30.

Le POID dénonce les menaces de réquisition brandies par Macron contre les grévistes chez Total et Esso

Communiqué

Le Parti ouvrier indépendant démocratique apporte son soutien aux travailleurs en grève chez Total et Esso.

Les responsables du blocage dans lequel s’enfonce le pays sont les dirigeants de ces multinationales qui, après avoir versé des milliards de dividendes aux actionnaires, refusent d’ouvrir les négociations exigées par les grévistes et leurs syndicats. Responsable aussi le gouvernement qui joue le pourrissement.

Les revendications des salariés sont légitimes. Elles recoupent les demandes salariales pour lesquelles les grèves se multiplient dans tout le pays.

Le POID dénonce les menaces de réquisition brandies par Macron contre les grévistes. Il appelle partout ses adhérents à proposer à leurs collègues de travail dans les services, les ateliers, les bureaux, les écoles de rédiger des motions de solidarité avec les grévistes et de les porter sur les piquets de grève.

Si le gouvernement osait mettre en œuvre sa menace de réquisition, il reviendrait à toutes les organisations du mouvement ouvrier et aux travailleurs de tous les secteurs de répondre par la mobilisation à toute demande des grévistes de défendre en commun le droit de grève.

Montreuil,
Le 11 octobre 2022, à 11h30.

Une déclaration du Parti Ouvrier Indépendant POUR L’UNITÉ OUVRIÈRE

Les travailleuses et les travailleurs, à la ville comme à la campagne, les jeunes, les chômeurs, les retraités, les familles ouvrières et populaires, tous subissent la brutale politique du gouvernement Macron. Crise énergétique, guerre en Ukraine, pandémie, crise environnementale… quelle que soit l’explication, le résultat est toujours le même : Macron et son gouvernement s’attaquent aux droits et garanties arrachés par les travailleurs. Toujours plus de précarité, de chômage, d’incertitudes sur le lendemain.

Dans un pays comme la France, sixième puissance industrielle mondiale, des millions, déjà, ne mangent pas à leur faim. Et maintenant arrivent les coupures d’électricité et d’autres ressources énergétiques : il faudrait renoncer aux ascenseurs dans les HLM, baisser le chauffage dans les écoles, les hôpitaux, les logements, subir le chômage technique… et payer des charges exorbitantes !

Trop, c’est trop !

Il faut arrêter cette politique destructrice qui profite aux multinationales, aux spéculateurs, aux actionnaires, et surtout à l’industrie de guerre.

Trop, c’est trop !

Il faut en finir avec Macron et sa politique. Pour cela, il est urgent de forger l’unité des rangs ouvriers et populaires.

Face à la guerre provoquée conjointement par Poutine et les forces de l’OTAN, guerre qui ravage aujourd’hui l’Ukraine, face à la guerre qui dévaste aussi en Afrique, en Asie, en Palestine et menace demain la Chine, l’unité ne peut se forger que sur des mots d’ordre clairs : « Troupes russes, hors d’Ukraine ! Démantèlement de l’OTAN ! Troupes françaises, hors d’Afrique ! Face à la sainte alliance des fauteurs de guerre, face à Poutine, Biden et Macron, dressons la fraternité des peuples épris de paix!»

C’est pour exprimer cette exigence commune que prendront la parole, le 22 octobre, côte à côte, des militants représentant des groupements qui com- battent pour la paix et la fraternité des travailleurs de Russie, d’Ukraine et de Biélorussie ; des États- Unis, d’Afghanistan et de Palestine ; du Burkina Faso et de France ; d’Allemagne et de Grande- Bretagne…

Nous, travailleurs et jeunes en France, nous refusons de considérer comme nos ennemis les travailleurs et les peuples d’autres pays. Nous faisons nôtre la devise du mouvement ouvrier : prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

Nos ennemis sont d’abord dans notre propre pays :
« nos » patrons, « nos » spéculateurs et le gouvernement qui représente leurs intérêts. Macron fauteur de guerre à « l’extérieur » est fauteur de guerre à « l’intérieur ». Il consacre toujours plus de milliards pour la guerre, et toujours moins pour l’école et les services publics. Nos retraites et notre régime d’assurance chômage sont menacés par les contre-réformes qu’il veut imposer au pas de charge dans les prochaines semaines.

Pour empêcher cela, pour en finir avec ce gouvernement de prédateurs, l’unité est indispensable. L’unité, les travailleurs le savent, est un chemin parsemé d’embûches et d’obstacles. Pourtant, « en bas », dans les grèves et les mobilisations, les travailleurs forgent l’unité sur les revendications qu’ils définissent eux-mêmes avec leurs organisations. Mais plus on va vers « le haut », plus les difficultés apparaissent.

Obstacles à l’unité, ces votes émis par les députés français « de gauche » au Parlement européen en soutien à l’OTAN et à la politique de militarisation de l’Union européenne (1er mars et 7 avril derniers)* ; tout comme le refus des représentants de la Nupes de s’opposer aux projets de guerre exposés dans la commission de la défense nationale à l’Assemblée nationale par le chef d’état-major de la marine natio- nale (27 juillet 2022)**.

Difficultés, celles nées des journées d’action successives, sans revendications précises, qui divisent et morcellent au lieu de rassembler dans un mouvement d’ensemble sur les revendications dans le but affiché de faire reculer le gouvernement, y compris par la grève générale, sans craindre de le chasser s’il refuse de céder.

Difficultés aussi, celles nées de la volonté hégémoniste de certains responsables politiques « de gauche » qui prétendent dicter leur conduite aux syndicats et qui appellent même à les morceler selon les engagements politiques des uns et des autres.

Pour leur part, les militants du POID agissent en toutes circonstances pour aider les travailleurs à surmonter les difficultés et à imposer l’unité sur la base des revendications définies par les travailleurs eux-mêmes. En toutes circonstances, ils agissent avec les militants de toutes tendances pour préser- ver l’unité des confédérations syndicales édifiées par plus d’un siècle de lutte de classe. Unité qui suppose l’indépendance vis-à-vis de l’État, des patrons, des Églises et des partis politiques, dans le respect de la Charte d’Amiens adoptée en 1906 par la vieille CGT.

C’est en application de ces principes que le POID est attentif à toute initiative qui, même si les mots d’ordre ne sont pas ceux du POID, peut être saisie par une partie de la classe des travailleurs et de la jeunesse pour la défense de leurs droits. C’est pour- quoi nos comités seront présents, sur leurs mots d’ordre et sous les drapeaux du POID aux rassemblements contre la guerre du 21 septembre. Avec cette même préoccupation, le conseil fédéral national (CFN) mandate le bureau national pour suivre les développements de l’initiative prise par différentes organisations politiques d’une marche « contre la vie chère » et déterminer s’il y a lieu pour le POID – au-delà de ses divergences avec la formulation

des mots d’ordre sans délimitation de classe et avec l’ultimatum adressé aux organisations – d’être présent (et sous quelle forme ?) aux côtés des travailleurs et des jeunes qui exprimeront ce jour-là leur volonté d’en finir avec la politique du gouvernement.

Pour conclure : l’attitude vis-à-vis de la guerre impérialiste a toujours constitué, depuis plus d’un siècle, une ligne de démarcation et de regroupement dans le mouvement ouvrier.

C’est pourquoi le CFN renouvelle son appel en direction des travailleurs et des jeunes de toutes tendances : quelles que soient votre appréciation d’ensemble ou vos nuances sur la politique du POID, retrouvons-nous le 22 octobre, avec nos sœurs et nos frères du monde entier pour dire :

« À bas la guerre, à bas l’exploitation ! Retrait des troupes russes d’Ukraine, démantèlement de l’OTAN, retrait des troupes françaises d’Afrique ! »

Et pour nous, en France :

« Confiscation et affectation des milliards de la guerre aux écoles, aux hôpitaux, aux services publics. Dehors le gouvernement Macron qui fait la guerre à l’extérieur et à l’intérieur ! »

Adoptée à l’unanimité moins une abstention par les délégués du Conseil fédéral national du POID, le 18 septembre 2022

* Procès-verbaux du 1er mars et 7 avril 2022 sur le site du Parlement européen.

** Compte rendu de la commission de la défense nationale et des forces armées sur le site de l’Assemblée nationale.

Education nationale : « Crise de recrutement », vraiment ?

Éducation nationale : « Crise de recrutement », vraiment ?

L’année scolaire qui se termine a été le théâtre d’un désastre dans bien des établissements scolaires, avec des dizaines de milliers d’heures de cours perdues faute de remplacement des enseignants absents.

Aujourd’hui, chaque parent, chaque professeur est en droit de se poser la question : l’année prochaine verra-t-elle une amélioration ou cela sera-t-il pire ?

Le nouveau gouvernement persiste dans son refus de recruter. Qu’on en juge : sur la seule région parisienne, en comptant les concours exceptionnels « traditionnels » déjà mis en place, il n’y aurait au mieux que 1 400 nouveaux recrutements dans les écoles primaires alors que les besoins, selon le ministère lui-même, se montent à plus de 2 700. Et des chiffres comparables sont en train d’être publiés concernant les concours nationaux de recrutement dans certaines disciplines du second degré.

Au sujet des non-remplacements dans les collèges et lycées, le nouveau ministre de l’Éducation Ndiaye ose déclarer : « c’est un grand problème, mais nos moyens ne sont pas illimités. Il faut réfléchir à la meilleure manière de faire que les absences – qui sont légitimes soient compensées. Nous voulons faire en sorte qu’une absence du professeur d’histoire-géographie, par exemple, soit compensée par son collègue de français. Mais attention, pas pour que le professeur de français fasse de l’histoire-géographie. Il utilisera ces heures pour faire une double dose de français et quand le collègue d’histoire-géographie reviendra, il compensera en prenant les heures de français ». Autrement dit, l’aggravation du chaos, l’aggravation des inégalités entre des jeunes qui, d’une classe à l’autre, d’un établissement à l’autre, n’auront plus les mêmes heures de cours dans chaque discipline. Il s’agit pour le nouveau gouvernement de banaliser le non-remplacement des professeurs absents, de rendre pérenne le « mode dégradé » subi par les jeunes durant la période du Covid… Impossible d’accepter !

Les syndicats départementaux du 1er degré du Val de Marne (SNUIPP-FSU 94, SNUDI-FO 94, CGT Éduc’action 94 ; SUD Éducation 94, UNSA Éducation 94) ont pris l’initiative d’un rassemblement le 15 juin au ministère pour exiger l’ouverture immédiate d’un concours de recrutement niveau Bac +3. Ils ont raison ! Recruter niveau Bac + 3 permettrait d’élargir immédiatement le nombre de candidats. Ainsi l’État pourrait à nouveau remplir sa mission de garantir à chaque enfant la totalité de l’enseignement auquel il a droit, dans chaque discipline, dès la rentrée de septembre.

Le gouvernement Macron-Borne-Ndiaye refuse, il préfère « limiter les moyens » pour l’école et consacrer des centaines de milliards d’euros à renflouer les capitalistes et aux dépenses de guerre.

Mais comment comprendre que les fédérations syndicales nationales ne reprennent pas à leur compte, dans l’unité, ce mot d’ordre de mise en place de concours de recrutement immédiat niveau Bac +3 ?
Comment comprendre qu’elles n’en appellent pas à la mobilisation générale pour empêcher Macron- Borne-Ndiaye d’organiser la pénurie d’enseignants dans les écoles à la prochaine rentrée ? Faudrait-il leur laisser les mains libres pour qu’ils poursuivent le naufrage scolaire délibéré de la jeune génération ?

Pour le POID, il en va de la défense de l’école publique, celle qui permet aux jeunes d’acquérir les mêmes connaissances où qu’ils soient scolarisés, celle qui structure ses enseignements autour de disciplines respectées.

Les mesures d’urgence doivent être prises pour recruter massivement les enseignants nécessaires et garantir que chaque enfant aura, dès les premiers jours de la rentrée, un professeur dans sa classe !

Communiqué – Le 19 juin, le peuple a tranché: Macron et tous ses plans sont illégitimes !

Rejetés par une large majorité des électeurs inscrits, Macron, son gouvernement et sa politique ont essuyé ce 19 juin une défaite totale. Aucune coalition n’étant majoritaire, Macron ne peut même pas compter sur une cohabitation. 

Il y a un vaincu. Y a-t-il un vainqueur ? La Nupes a plus que doublé le nombre de députés des partis qui la composent tandis que le Rassemblement national effectue une percée inquiétante, passant de 8 à 89 députés. Mais c’est un fait : les uns et les autres se sont empressés, ce 19 juin, de proclamer la légitimité du quinquennat qui commence et de promettre de respecter la Constitution de la V République. 

Pourtant, il existe une majorité : 57 % des électeurs inscrits ont refusé d’exprimer un vote pour tel ou tel candidat. Ils sont plus de 70 % parmi les jeunes et quasiment autant parmi les ouvriers et les employés. En SeineSaint-Denis, où la Nupes obtient tous les sièges, elle recueille les voix d’à peine un électeur inscrit sur quatre. 

Du point de vue de la démocratie et de la rupture dont ils se réclament, les dirigeants de la Nupes devraient en toute logique dire clairement que Macron, illégitime, doit partir et que la V République, illégitime, doit partir aussi ; et ils devraient engager sans délai une campagne de mobilisation de masse pour la convocation d’une Assemblée constituante souveraine afin que le pouvoir soit donné aux délégués du peuple – élus, mandatés et révocables – de décider ce que doit être une authentique démocratie. 

Au lendemain du second tour, les dirigeants de la Nupes ne s’orientent pas en ce sens, laissant toute latitude à Macron pour tenter de sauver le régime. Tandis qu’Élisabeth Borne travaille à constituer des majorités de circonstance à droite comme à gauche, Macron lui-même convoque à l’Élysée tous les dirigeants syndicaux et patronaux pour mettre en place son « conseil national de la refondation ». Toutes ces manœuvres visent à faire passer les projets les plus anti-ouvriers et les plus antidémocratiques contre les retraites, pour l’austérité, pour financer les budgets de guerre ou encore pour liquider les services publics. 

L’immense majorité de ce pays, le peuple travailleur et la jeunesse rejettent Macron et sa politique. La démocratie exige qu’aucun soutien ne soit apporté à ce gouvernement. Aucune compromission n’est possible, sous peine de précipiter encore plus profondément le pays dans le chaos et d’apporter de l’eau au moulin d’une extrême droite qui, comme l’a revendiqué Marine Le Pen hier, attend son heure. 

Travailleurs, jeunes, le pays va entrer dans une situation difficile et instable. Serrons les rangs ! Depuis des mois, les grèves et les mobilisations ouvrières pour les revendications se multiplient dans tous les secteurs professionnels et dans tout le pays. C’est dans et par la lutte de classe, dans et par la mobilisation unie des travailleurs et de leurs organisations, sans aucune collaboration avec le gouvernement, que l’on empêchera la marche à la dislocation et à la réaction. 

Pour cela, un parti ouvrier est nécessaire. Le Parti ouvrier indépendant démocratique mène campagne depuis des mois pour un gouvernement du peuple travailleur sans Macron ni patrons, un gouvernement qui prenne les mesures d’urgence au service de la population. Rejoignez-nous, venez participer aux assemblées que le POID organise dans tout le pays dans la première semaine de juillet. 

Le bureau national, le 20 juin 2022