Macron battu, Macron rejeté, place à un gouvernement au service du peuple travailleur !

Macron battu, Macron rejeté,
place à un gouvernement au service du peuple travailleur !

Jamais, depuis que des élections législatives sont organisées – c’est-à-dire depuis 1876 ! – l’abstention n’avait atteint un tel niveau : 53 % dans tout le pays, jusqu’à 80 % et plus dans les bureaux de vote des quartiers populaires.

Ce 12 juin, Macron est battu, ne recueillant que 12 % des voix des électeurs inscrits.

Ce 12 juin, le peuple travailleur et la jeunesse ont dit : nous ne nous reconnaissons pas dans cette Ve République antidémocratique qui proclame « vainqueur » un parti rejeté par près de 90 % des électeurs inscrits et lui accorde d’avance la majorité des sièges à l’Assemblée nationale.

Dans cette Ve République dont le président est la clef de voûte, on n’avait jamais vu le parti présidentiel aussi fragilisé. Le socle des institutions se fissure de toutes parts.

Les travailleurs, qui depuis des mois multiplient les grèves pour les revendications, rejettent les projets destructeurs de Macron contre les retraites et les services publics. Ils veulent que l’argent public serve au peuple et à la jeunesse. Pour cela, il faut empêcher Macron de continuer à détourner des centaines de milliards d’euros des budgets publics pour financer la guerre et engraisser les banquiers, capitalistes et spéculateurs.

Pour répondre à cette aspiration, il faudra balayer la Ve République et établir une République véritablement démocratique basée sur la proportionnelle intégrale, une République du peuple souverain, libre de décider que les richesses produites par le peuple doivent aller au bien-être du peuple. Et pour cela, il faudra convoquer l’Assemblée constituante souveraine chargée de définir ce qu’une telle démocratie doit être, dans sa forme et dans son contenu.

Car un constat s’impose : ce 12 juin, toutes les représentations politiques institutionnelles sont en recul, en comparaison du premier tour de la présidentielle. Ensemble perd 3,8 millions de voix sur les 9,8 de Macron le 10 avril. La Nupes perd plus de 5 millions de voix sur les 11 millions recueillies par les cinq candidats du 10 avril qui se sont ensuite unis sous sa bannière, et même près de 2 millions de voix par rapport au seul score de Mélenchon. Le Rassemblement national perd près de 4 millions de voix par rapport au score de Le Pen le 10 avril.

Certes, la Nupes est susceptible d’emporter un grand nombre de sièges au second tour. Toutefois, l’objectif qu’elle s’était fixé dès sa constitution – « élire Mélenchon Premier ministre » en gagnant une majorité de députés – semble hors d’atteinte.

Dans les quartiers populaires, la Nupes n’est pas parvenue à mobiliser l’électorat ouvrier et jeune. Sans doute son objectif proclamé de cohabiter avec Macron, c’est-à-dire de gouverner avec lui ; et son engagement à respecter les institutions ; et son vote de 2020 à l’Assemblée nationale pour offrir des centaines de milliards aux capitalistes ; et ses votes de 2022 au Parlement européen pour renforcer l’effort de guerre en Ukraine et soutenir l’OTAN ; et sa gestion des départements et des communes où elle relaie la politique du gouvernement, notamment par les privatisations et l’application de la loi Dussopt contre les personnels ; tout cela a contribué à donner à la Nupes un caractère très institutionnel, tournant le dos à toute rupture réelle avec l’exploitation capitaliste et la Ve République. Sans compter la présence sous son étiquette d’un parti ouvertement bourgeois pro-européen et pro-austérité (EELV), de candidats fraîchement passés de Macron à Mélenchon, et de députés qui, il y a peu, soutenaient la politique de Hollande-Valls-El Khomri.
Nul doute qu’au second tour les travailleurs chercheront à nouveau à infliger au parti macroniste la défaite que mérite sa politique anti-ouvrière. Mais la question reste posée : comment, au-delà du 19 juin, en finir avec ce régime de misère et d’exploitation ?
Le POID a fait campagne pour un gouvernement des travailleurs, un gouvernement sans Macron ni patrons, qui prenne les mesures d’urgence au service du peuple travailleur et de la jeunesse.
Dans le contexte marqué par l’abstention massive d’une part, et le mouvement d’une partie de l’électorat populaire vers la Nupes d’autre part, les 24 702 électeurs qui ont voté pour les 115 candidats du POID ont exprimé leur accord avec la nécessité de combattre pour un tel gouvernement de rupture.
Ce combat, nous allons le poursuivre. Ce que les travailleurs et les jeunes n’ont pu imposer par les urnes, il leur revient de l’imposer par leur propre combat, dans la lutte de classe.

Travailleurs, jeunes, militants, en rejoignant le POID, vous aiderez la classe des exploités à organiser son action indépendante pour en finir avec l’exploitation et l’oppression, sous toutes les formes où elles se manifestent.


NB : Concernant le second tour, la position du POID, c’est :
Aucune voix pour Macron, la droite et l’extrême droite, aucune voix pour aucun des candidats pro-capitalistes, quelle que soit leur étiquette.
Là où les candidats de la Nupes opposés au second tour aux candidats de la réaction sont liés au mouvement ouvrier, par leur engagement ou l’histoire de leur parti, le POID appelle à voter pour eux sans pour autant se rallier à leur programme.

Le 12 juin, votez POID !

Le 12 juin, votez POID !

Ce lundi 30 mai débute la campagne officielle des élections législatives. Dans les 115 circonscriptions où le Parti ouvrier indépendant démocratique présente des candidats, les militants et les comités utiliseront cette phase de campagne pour faire connaître largement les propositions de notre parti.

La profession de foi, « L’heure est venue d’un gouvernement au service de la majorité, un gouvernement du peuple travailleur », sera dans les prochains jours adressée à plus de 8 millions d’électeurs. Ils seront invités à voter pour les candidats du POID pour dire l’urgence qu’il y a à prendre les mesures de blocage des prix, d’augmentation générale des salaires, d’interdiction des licenciements, de recrutement en masse des personnels nécessaires dans les écoles, les hôpitaux, les services publics. Ils seront invités à voter pour les candidats du POID pour dire aussi l’urgence, pour financer ces mesures, à prendre l’argent là où il est : dans les 607 milliards d’euros de fonds publics offerts aux capitalistes depuis deux ans, dans les 160 milliards de profits réalisés en 2021, ou dans les dizaines de milliards consacrés à la guerre.
En votant pour les candidats du Parti ouvrier indépendant démocratique, ils diront leur exigence d’en finir avec la politique anti-ouvrière, antisociale, antidémocratique menée par Macron depuis cinq ans. Ils diront en conséquence qu’il faut établir un gouvernement au service du peuple travailleur. Ce qui veut dire un gouvernement sans Macron ni patrons, contrairement à ce que veulent faire croire ceux qui prônent une cohabitation avec Macron, c’est-à-dire un gouvernement avec Macron.

Comme l’affirme notre profession de foi, il faudra choisir : ou bien un gouvernement de cohabitation soumis aux institutions qui renonce à rompre avec les capitalistes ; ou bien un gouvernement de rupture qui n’hésite pas à remettre en cause la Ve République et l’Union européenne.

En appelant les travailleurs et les jeunes à voter pour les candidats du Parti ouvrier indépendant démocratique, nous les appelons à nous rejoindre dans la construction d’un parti dont le seul objectif est de les aider à réaliser les conditions de leur propre mobilisation pour imposer la satisfaction des revendications. Car de ce mouvement surgira le gouvernement de la majorité qui vit de son travail, le gouvernement du peuple travailleur et de la démocratie.

N. B. : Dans les circonscriptions où le POID ne présente pas de candidats, nous appelons les travailleurs et les jeunes à porter leurs voix en faveur des partis et organisations issus historiquement du mouvement ouvrier (ce qui ne signifie aucunement un soutien à leur programme et à leur politique que nous combattons). Pas une voix en revanche pour les candidats des partis de la bourgeoisie, macroniste, droite, extrême droite ou partis pro- capitalistes se prétendant « de gauche ».
Le 30 mai 2022 Le bureau national du POID

Pour un gouvernement au service de la majorité Pour un gouvernement du peuple travailleur sans Macron ni patrons

Pour un gouvernement au service de la majorité
Pour un gouvernement du peuple travailleur
sans Macron ni patrons

Chaque jour qui passe, la situation des travailleurs, des jeunes et des familles se dégrade.
L’inflation mange le pouvoir d’achat.
La situation des hôpitaux devient dramatique faute de personnels et de services (fermés).
Des millions d’enfants et de jeunes sont condamnés à une scolarité par intermittence du fait du non-remplacement des enseignants malades.
Le nombre de familles mal logées ne cesse de grandir.
Au nom de la récession, les patrons accélèrent les plans de licenciement et le chômage partiel imposé.
Il faut prendre des mesures d’urgence ! Quel gouvernement osera les imposer ?
Quel gouvernement osera pour cela prendre l’argent là où il est : dans les 607 milliards d’euros de fonds publics offerts aux capitalistes (qui s’en servent pour licencier et spéculer) ; et dans les 160 milliards de profits des entreprises du CAC 40 en 2021 ?
Prenant les moyens là où ils sont, un gouvernement du peuple travailleur :
• imposera l’augmentation générale des salaires, des minima sociaux et des pensions
de 10 % pour rattraper l’inflation ;
• bloquera le prix des produits de première nécessité ;
• recrutera les 100 000 enseignants remplaçants nécessaires pour répondre aux besoins urgents ; il mettra en place les structures et les personnels spécialisés adaptés à la prise en charge des 400 000 enfants en situation de handicap ;
• recrutera les 200 000 personnels du secteur hospitalier et médico-social qui font défaut ;
• prendra toutes les mesures nécessaires pour le logement, les services publics…
Le coût de ces mesures ? 56 milliards d’euros pour les salaires du privé, 21 milliards pour les salaires du public, 20 milliards pour l’école, 10 milliards pour les hôpitaux. Soit un total de 107 mil- liards d’euros qu’un gouvernement décidé à sauver le peuple du désastre saura financer en confisquant les sommes nécessaires dans les 607 milliards offerts par l’État aux patrons, dans le budget de la guerre (50 milliards), dans les intérêts versés aux banques pour la dette (45 milliards) ou dans les 160 milliards de profits du CAC 40.
Ces revendications ne sortent pas de nulle part. Salaires, emplois, conditions de travail, école, santé, logement… ce sont les revendications pour lesquelles les travailleurs se mobilisent et font grève avec leurs syndicats depuis des mois.

L’heure est venue d’y répondre !

L’heure est venue d’un gouvernement qui prenne les mesures qui s’imposent !
La « Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) » constituée le 7 mai se fixe de gagner les élections législatives pour former un gouvernement qui mènera, affirme-t-elle, « une politique de rupture ». Très bien !
Mais en même temps, Jean-Luc Mélenchon s’engage à respecter les institutions de la Ve République en cohabitant avec Macron (ce qui revient à « gouverner » sous son contrôle).
Ces deux affirmations sont contradictoires.
Si un gouvernement, demain, décide de prendre tous les moyens pour répondre aux besoins urgents du peuple, nul doute que Macron ne le voudra pas, et que lui et les patrons s’y opposeront.
L’alternative est posée :
• ou bien gouverner pour la majorité qui vit de son travail, et alors il faut rompre avec Macron et les patrons ;
• ou bien se soumettre aux institutions et au président Macron, et donc à la minorité capitaliste qui vit de l’exploitation, et dont Macron est le porte-parole.
D’une manière ou d’une autre, par les élections, par l’action directe de millions et de millions, ou dans une combinaison des deux, les revendications devront être satisfaites.
Tel est le programme sur lequel se présentent les candidats du Parti ouvrier indépendant démocratique.
Pour un gouvernement du peuple travailleur sans Macron ni patrons, le POID appelle les travailleurs et les jeunes décidés à agir en ce sens à s’organiser avec lui.
Le bureau national, le 10 mai 2022

MACRON MINORITAIRE, MACRON ILLÉGITIME !

MACRON MINORITAIRE, MACRON ILLÉGITIME !

Macron « élu » est minoritaire dans le pays.

Trois électeurs inscrits sur cinq ont refusé, ce 24 avril, de voter pour lui. Ils sont plus nombreux encore à rejeter sa politique, puisqu’une large partie de ses électeurs n’ont agi que pour barrer la route à l’extrême-droite.

Deux semaines plus tôt, au premier tour, Macron avait déjà été rejeté par 80 % des électeurs inscrits, particulièrement dans l’électorat ouvrier, populaire et jeune en conséquence de la politique anti-ouvrière, anti-sociale, anti-démocratique menée depuis cinq ans.

Son « élection » du 24 avril, Macron la doit :

  • aux institutions anti-démocratiques de la Ve République qui réduisent le droit de vote à la nomination de celui qui s’installe à l’Élysée pour y exercer tous les pouvoirs au service de la classe capitaliste ;
  • à l’appel de la plupart des dirigeants de gauche et de droite à voter pour lui, dans le prolongement du vote unanime des députés offrant le 19 mars 2020 343 milliards d’euros aux capitalistes ; et du vote des députés français de « gauche » au Parlement européen aux côtés de ceux de droite pour intensifier l’effort de guerre et pour en faire supporter les conséquences aux peuples.

Pour qui se place du point de vue de la démocratie, c’est-à-dire de la loi de la majorité, Macron est illégitime.

Le record d’abstention ce 24 avril indique que la majorité du peuple a refusé de voir dans le vote Macron la défense de la démocratie.

La défense de la démocratie ce sont les travailleurs et les jeunes qui s’organisent pour la défense de leurs droits et de leurs revendications.

Fragilisé par cette élection, Macron va, sans doute, en appeler aux organisations représentant les intérêts des travailleurs pour les associer aux plans exigés par les capitalistes, en particulier sur les retraites et le pouvoir d’achat.

À cela, les travailleurs et les jeunes opposeront leur action indépendante pour les revendications en particulier pour l’augmentation générale des salaires et des pensions et leur indexation sur l’inflation, le blocage de tous les prix des produits alimentaires de  première nécessité, de l’énergie, et des loyers, le rejet de toute réforme des retraites allongeant l’âge de départ. Et plus généralement, les revendications permettant de faire face aux besoins urgents en matière d’école, d’hôpitaux, de services publics.

La satisfaction de ces revendications supposera de ne pas craindre de puiser dans les plus de 600 milliards que, durant deux ans, Macron et les députés ont offerts aux capitalistes (qui n’ont jamais fait de profits aussi florissants) et de remettre en cause les budgets de guerre que le gouvernement aux ordres de l’Otan augmente constamment.

Au-delà, le triomphe de la démocratie exige d’en finir avec les gouvernements et les institutions au service de la petite minorité qui vit de l’exploitation du travail d’autrui. Le triomphe de la démocratie, c’est un gouvernement et des institutions de la majorité, celle qui n’a que son travail pour vivre. Pour permettre l’avènement d’un tel gouvernement, le POID vous appelle à rejoindre ses rangs.

Nos mots d’ordre sont clairs : unité des rangs ouvriers en toute indépendance de classe, aucun accommodement avec Macron, aucune union nationale, aucune cohabitation avec ce président minoritaire !

C’est ce que défendront les candidats du Parti ouvrier indépendant démocratique présents dans les élections législatives dans 115 circonscriptions du pays.

Montreuil, le 24 avril 2022, 21 h 30

À Jean-Luc Mélenchon et aux dirigeants de La France insoumise

Montreuil, le 21 avril 2022

À Jean-Luc Mélenchon et aux dirigeants de La France insoumise

Nous avons pris connaissance des lettres adressées par La France insoumise au Parti communiste français, à Europe Écologie-Les Verts et au NPA afin de jeter les bases d’un rassemblement pour les élections législatives. Cette lettre ne nous est pas destinée. C’est logique : vous connaissez notre désaccord sur le programme de l’Union populaire, qui doit constituer le socle de votre proposition de rassemblement (comme vous connaissez nos désaccords sur le vote unanime auquel les députés de La France insoumise ont participé le 19 mars 2020, accordant 343 milliards d’euros aux capitalistes et aux spéculateurs, et le vote des députés de La France insoumise au Parlement européen les 1er mars et 7 avril approuvant l’escalade militaire à l’est de l’Europe).

Le but du présent courrier n’est pas la recherche d’un accord en vue des prochaines législatives.

Pour autant, nous ne sommes pas indifférents à la discussion ouverte par vos courriers. Nous avons entendu Adrien Quatennens proposer « d’imposer une cohabitation » à Macron. Nous avons lu l’interview de Mathilde Panot déclarant : « Nous voulons être majoritaires pour gouverner le pays. Nous n’allons pas aux législatives pour avoir un maximum de députés mais pour appliquer notre programme l’Avenir en commun. » Nous avons entendu Jean-Luc Mélenchon déclarer : « Je demande aux Français de m’élire Premier ministre. Je leur demande pour m’élire Premier ministre d’élire une majorité de députés insoumis, insoumis et Union populaire. »

Dimanche 24 avril, la Vᵉ République sera dotée d’un nouveau président, à l’issue d’un second tour dans lequel, en conséquence de la division, ne figure aucun candidat revendiquant la défense des intérêts des travailleurs. Dans ce contexte, serait-il indifférent que le Premier ministre soit ou non Jean-Luc Mélenchon ?

La solution la plus favorable aux intérêts des travailleurs, c’est celle qui permettra qu’au moins un certain nombre de mesures soient prises dans le sens de leurs intérêts. Un gouvernement dirigé par La France insoumise, dans le contexte de la Vᵉ République, peut-il réaliser cela ? « Élisez-moi Premier ministre », propose Jean-Luc Mélenchon en direction des électeurs. Jean-Luc Mélenchon sait – et nous savons tous – que, sous la Vᵉ République (dont nous voulons tous l’abolition), c’est le président de la République qui est élu au suffrage universel et non le Premier ministre. Comme le veut la Constitution, c’est le président qui concentre entre ses mains l’essentiel des pouvoirs et qui nomme le Premier ministre dont les prérogatives sont constitutionnellement limitées. En un mot : le Premier ministre et son gouvernement sont sous la tutelle du président. Toutefois, nous comprenons qu’à travers cette formule Jean-Luc Mélenchon a voulu dire : « Nous revendiquons de gouverner sur notre programme. » Cette affirmation mérite d’être prise au sérieux. Le programme de La France insoumise n’est pas le nôtre. Mais il est certain que même un début de mise en œuvre de ce programme marquerait une différence par rapport à ce que ferait un autre gouvernement.

Par conséquent, notre préoccupation – partagée par un grand nombre de travailleurs, de militants, de jeunes de toutes tendances – peut être résumée ainsi : êtes-vous prêts à vous donner tous les moyens d’appliquer, ou à tout le moins de commencer à appliquer, ce programme qui est le vôtre ?

Dans la situation terrible qui frappe les travailleurs, les familles populaires et la jeunesse aujourd’hui, cela implique des mesures d’urgence. À commencer par le blocage total de tous les prix de produits de consommation courante, des carburants et des loyers face à une inflation qui galope et l’immédiat relèvement de tous les salaires, pensions et minima sociaux.

Face à l’imminence d’une rentrée scolaire catastrophique pour septembre 2022, cela suppose de dégager immédiatement tous les moyens de nomination des dizaines de milliers d’enseignants et de personnels de manière à rétablir les conditions d’une scolarisation normale de la jeune génération et d’abroger les contre- réformes destructrices du baccalauréat, de Parcoursup

Face à cet autre désastre que constitue la situation hospitalière, cela implique de dégager sans délai les moyens de l’embauche des 100 000 personnels soignants nécessaires, de rouvrir sans délai les lits et les services fermés dans les hôpitaux.

Urgence également à abroger les contre-réformes destructrices et, pour commencer, à préserver les régimes de retraite en s’opposant, a minima, à tout allongement de l’âge de départ à la retraite.

Pour cela, il ne faut pas hésiter à prendre les moyens nécessaires à ces mesures là où ils sont, en particulier parmi les centaines de milliards distribués aux capitalistes depuis deux ans au prétexte de la lutte contre la pandémie dont on sait l’usage qui en a été fait.

Urgence immédiate aussi la sortie de la France du commandement militaire de l’OTAN, dans un processus de dégagement de cette alliance militaire au service de l’impérialisme américain.

Toutes ces mesures sont présentes soit dans le programme de La France insoumise, soit dans les dernières propositions formulées par Jean-Luc Mélenchon ou d’autres dirigeants de votre mouvement. Notre démarche ne consiste donc pas à vous demander d’appliquer un autre programme que le vôtre. Mais il est important dans l’intérêt du peuple travailleur de savoir si vous comptez vous donner les moyens de mettre en œuvre sans délai votre programme.

C’est sur ce point que des équivoques doivent être levées. Nous avons entendu la revendication par Quatennens d’une cohabitation. L’histoire nous apprend ce que veut dire la cohabitation. Le seul gouvernement sous la Vᵉ République qui a vu un Premier ministre de gauche cohabiter avec un président de droite fut, de 1997 à 2002, le gouvernement Chirac-Jospin (qui comprenait de nombreux ministres socialistes, Verts, communistes…). C’est le premier gouvernement qui a appliqué le plan Juppé destructeur de la Sécurité sociale, contre lequel s’étaient dressés des millions de travailleurs en grève et en manifestation avec les syndicats un an plus tôt, un plan dont tous les dirigeants de gauche avaient juré qu’ils imposeraient le retrait. Ce gouvernement est entré aussi dans l’histoire pour être celui qui a le plus privatisé de toute la Vᵉ République. C’est aussi le gouvernement qui a décidé la participation de la France à l’intervention militaire de l’OTAN en Afghanistan. La cohabitation Chirac-Jospin, sur un plan constitutionnel, fut très respectueuse des règles de la Vᵉ République ; sur le plan social, économique, politique, elle a été marquée par une politique de régression qui n’a rien eu à envier à ce qu’aurait été une politique d’un gouvernement de droite.

La cohabitation implique de se subordonner et aux institutions de la Vᵉ République et à l’accord nécessaire avec un président élu sur un programme de régression sociale et qui compte bien veiller à son application. Ou bien votre intention est-elle, du point de vue de la démocratie dont vous vous réclamez, de considérer qu’ayant reçu un mandat majoritaire du peuple lors des élections législatives, vous avez le droit et le devoir de le mettre en œuvre ?

Dans ce cas, il est probable que le président élu sur un programme contradictoire tentera de s’y opposer en invoquant les règles de la Vᵉ République. Dans cette hypothèse, la question clé sera : qui dirige ?

Votre position sera-t-elle alors de rejeter ces diktats et d’engager immédiatement le processus de convocation de l’élection à une Assemblée constituante souveraine par laquelle le peuple définira le contenu social et les formes politiques d’une authentique démocratie, balayant la monarchie présidentialiste ? Si tel est le cas, vous serez amenés, nous en sommes convaincus, à en appeler à la mobilisation de millions et de millions de travailleurs et de jeunes pour permettre que la démocratie l’emporte sur toutes les résistances que la réaction ne manquera pas de dresser.

Nous sommes convaincus qu’alors les travailleurs et les jeunes se mobiliseront en ce sens. Soyez assurés que le Parti ouvrier indépendant démocratique, pour sa part, à la hauteur des moyens qui sont les siens, saura prendre sa part dans le combat pour imposer, sinon une rupture complète avec l’ordre capitaliste, au moins les premières mesures sur la voie de la rupture. Sans pour autant que nous renoncions à notre propre programme politique de combat pour un gouvernement des travailleurs et de la démocratie, pour le socialisme.

Nous voulons croire que vous clarifierez votre position sur cette question essentielle : ou bien cohabiter et de fait se soumettre aux règles de la Vᵉ République qui donnent la prééminence du pouvoir à un président et à la réaction capitaliste qui l’a porté au pouvoir ; ou bien assumer le mandat de la majorité, le mandat démocratique que vous sollicitez et ne pas hésiter pour appliquer votre propre politique à vous engager sur la voie de la rupture.

Notre démarche n’a aucun caractère polémique. Si une possibilité existe d’une amorce de rupture allant dans le sens des intérêts des travailleurs et de la jeunesse, d’un premier pas remettant en cause la continuité des gouvernements qui précèdent, sachez que le POID saura prendre ses responsabilités.

Nous serons attentifs à la réponse que vous voudrez bien apporter à ces questions.

Recevez, camarades, nos salutations fraternelles.

Le bureau national du Parti ouvrier indépendant démocratique

Montreuil, le 21 avril 2022

Au soir du premier tour

Aux travailleurs, militants et jeunes, Pour l’unité des travailleurs et des organisations ouvrières, contre toute forme d’union sacrée ! Pour le gouvernement ouvrier !

Cessez-le-feu immédiat !

Communiqué du POID

Cessez-le feu immédiat !

Les images insoutenables des immeubles éventrés par les bombes russes à Kharkov, Tchernigov, Marioupol et dans la banlieue de Kiev, les colonnes de réfugiés contraints de fuir leur pays… confirment une nouvelle fois le caractère barbare et réactionnaire de la guerre déclenchée par Poutine. Une guerre dans laquelle l’administration Biden, l’OTAN, l’Union européenne et le gouvernement Macron portent une lourde responsabilité.

La situation appelle une exigence immédiate : cessez-le-feu maintenant, sans conditions !

Pour le Parti ouvrier indépendant démocratique, et les milliers de travailleurs, militants et jeunes de notre pays qui se sont associés à son appel « A bas la guerre ! », le déchaînement de ces derniers jours justifie plus que jamais les mots d’ordre indissociables :

Ni Poutine, ni Biden, ni Macron !

Troupes russes, hors d’Ukraine !

Troupes françaises, hors d’Afrique !

Troupes de l’OTAN, hors d’Europe ! Démantèlement de l’OTAN !

Aucune union sacrée avec le gouvernement Macron !

Le POID rappelle son opposition aux sanctions qui frappent durement les travailleurs en Russie, et par ricochet les travailleurs du monde entier soumis à la flambée des prix. Sanctions d’autant plus hypocrites que l’on apprend ce jour que le gouvernement français a vendu des armes au régime de Poutine jusqu’en 2020.

A l’heure où le gouvernement Macron décide de laisser s’installer la flambée des prix des carburants et des produits de consommation courante qui frappe, en premier lieu, les familles ouvrières.

A l’heure où le gouvernement Macron décide d’accorder des milliards à la guerre et pour ce faire, de s’attaquer aux retraites et aux services publics.

La situation exige :  le blocage immédiat des prix ! Les milliards pour les hôpitaux, les écoles et les services publics, pas pour la guerre !

Le 15 mars 2022

Travailleurs du monde entier, unissons-nous contre la guerre et l’exploitation !

L’entrée des troupes russes en Ukraine ce 24 février marque un tournant dans l’escalade qui se poursuit depuis des mois entre la Russie et les pays de l’OTAN conduits par l’administration des États-Unis.

Il s’agit désormais d’une véritable guerre. Elle vise à interdire toute souveraineté à la nation ukrainienne et à lui imposer une nouvelle fois la domination grand-russe.

Pour les travailleurs, les jeunes et les peuples du monde entier épris de liberté et d’indépendance, l’exigence s’impose : retrait des troupes russes ! Poutine : bas les pattes devant l’Ukraine !

L’agression de Poutine contre l’Ukraine ne fait pas disparaître la responsabilité des Biden, Macron et autres gouvernements impérialistes qui, depuis des mois, poussent à la confrontation par leurs provocations, leur politique d’encerclement militaire de la Russie et la concentration des troupes de l’OTAN à ses frontières.

C’est pourquoi les travailleurs et les jeunes en France ne peuvent suivre ceux qui « à gauche » les appellent à faire confiance, pour les uns, à Macron, et, pour les autres, à l’Union européenne pour assurer la paix entre les peuples.

Le POID reprend à son compte la phrase de Jean Jaurès plus que jamais d’actualité : « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage. »

Pour les travailleurs et les jeunes, l’issue n’est ni derrière Poutine, ni derrière Biden, ni derrière Macron, tous fauteurs de guerre.

L’issue est dans l’unité des peuples et des travailleurs du monde entier contre l’exploitation.

Troupes russes : hors d’Ukraine !
Troupes françaises : hors d’Afrique !
Troupes US et de l’OTAN : hors d’Europe !

Montreuil, le 24 février 2022 à 13 heures

Retrait sans délai des troupes françaises du Mali et de tout le Sahel !

COMMUNIQUÉ

Le Parti ouvrier indépendant démocratique a pris connaissance de l’annonce du retrait des troupes françaises du Mali dans un délai de six mois, faite par Macron le 17 février. Cette annonce est le produit de la formidable mobilisation du peuple malien pour sa souveraineté.

Néanmoins, rien ne justifie le délai de six mois pour qu’il soit effectif. C’est pourquoi le POID appuie l’exigence du peuple malien que ce retrait se fasse « sans délai ».

Comme rien ne justifie que ce retrait ne concerne pas toutes les troupes françaises présentes au Sahel et dont les manifestations populaires au Niger, au Burkina et ailleurs demandent « le retrait immédiat ».

Le bilan de ces neuf années d’intervention militaire dont Hollande et Macron portent la responsabilité est catastrophique pour les peuples des pays du Sahel qui ont vu les groupes terroristes proliférer, tandis que les populations civiles ont subi dans leur chair les exactions des troupes d’occupation.

Pour les travailleurs de France, cette intervention a coûté près de 8 milliards d’euros : autant d’argent que l’on refuse pour les hôpitaux, l’école, les services publics, etc.

Le POID affirme : c’est pour la protection des intérêts économiques et financiers des capitalistes français en Afrique que cette intervention militaire a eu lieu, et rien d’autre. « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels », comme l’affirmait l’écrivain Anatole France en 1922.

C’est pourquoi le POID se prononce, comme il l’a toujours fait depuis sa fondation, pour le retrait des troupes françaises d’Afrique, le démantèlement des bases militaires, l’affectation du budget militaire aux hôpitaux, à l’école, aux services publics.

La démocratie suppose la reconnaissance du droit des nations à disposer d’elles-mêmes, sans aucune ingérence étrangère. Telle devrait être la position unanime des organisations qui se réclament des travailleurs dans notre pays. Force est de constater que ce n’est pas le cas.

Pour le POID, c’est le droit légitime du peuple malien, comme de tous les peuples d’Afrique, de refuser la présence des troupes françaises sur leur territoire, de démanteler les bases militaires, de chasser les multinationales qui pillent leurs richesses et les régimes à leur botte !

C’est le sens de l’engagement de notre parti dans la préparation de la conférence mondiale ouverte contre la guerre et l’exploitation, pour l’Internationale ouvrière, qui aura lieu les 29 et 30 octobre 2022 à Paris.

Montreuil, le 19 février 2022