Leurs partis sont en lambeaux, mais les dirigeants font mine de se féliciter de leur résultat électoral du soir. Comme si le rejet d’aujourd’hui n’allait pas se poursuivre demain !
Et ils continuent ! Dans un mois, la mission Badinter rendra son rapport qui prépare le projet de loi de la ministre El Khomri : l’objectif est de faire disparaître le Code du travail, en privilégiant les accords au niveau de chaque entreprise. C’est une logique d’individualisation et de précarité généralisée, dont Attali, l’ancien conseiller de Mitterrand, a eu le cynisme de déclarer, le 22 juin dernier sur Europe 1, que « cela dessine un avenir où tout le monde aura le statut des intermittents du spectacle » !
Le Code du travail est menacé, et avec lui, les statuts, la Sécurité sociale et les régimes de retraite. Tous les acquis arrachés par le combat ouvrier et démocratique — ceux de la Révolution française, de la grève générale de 1936 et du soulèvement des masses en 1945 — sont menacés par ce gouvernement, qui s’appuie sur le consensus pro-Union européenne de tous les partis institutionnels.
Pourtant, la multiplication des grèves indique que la classe ouvrière n’accepte pas les plans de destruction, et cherche à regrouper ses forces pour le combat. Sur un autre plan, les mobilisations des élus expriment la résistance de la démocratie communale, et plus généralement des partisans de la démocratie politique.
Les plus grands combats sont devant nous.
De toutes parts, on entend dire que l’heure n’est plus aux partis politiques. Il est vrai que les partis politiques rejetés, qui ont lié leur sort à la Ve République et à l’Union européenne, vivent aujourd’hui leurs derniers instants.
Mais ce serait une erreur d’en conclure qu’il n’est pas besoin de parti. Les travailleurs, les exploités, les opprimés, ont besoin d’un parti qui se situe sur un terrain de classe, un parti qui défende les intérêts ouvriers et populaires, et non le prétendu « intérêt général », qui n’est que celui des patrons, des banques et des multinationales. Ils ont besoin de pouvoir s’appuyer sur un parti qui n’a pas d’intérêts distincts des leurs.
Ils ont besoin de pouvoir s’appuyer sur un parti qui aide à l’action unie pour défendre les acquis de la classe ouvrière, comme le fait le Parti ouvrier indépendant démocratique (POID), aujourd’hui engagé dans la campagne pour constituer partout des comités pour l’unité pour la défense du Code du travail.
Ils ont besoin de pouvoir s’appuyer sur un parti qui aide les élus à organiser leur mobilisation pour la défense et la reconquête de la démocratie communale contre la régionalisation et l’intercommunalité forcée, pour le retour à la République et aux communes de 1793.
Un parti qui n’accepte pas l’arbitraire de l’état d’urgence et soutient la campagne des « 333 » pour la levée de l’état d’urgence.
Un parti qui affiche clairement son objectif : celui d’un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple, un gouvernement des travailleurs et de la démocratie qui en finisse avec la dictature de l’Union européenne et de la Ve République ; un gouvernement qui, à l’échelle internationale, combat aux côtés des travailleurs et des peuples du monde entier contre la guerre et l’exploitation ; un gouvernement qui s’appuie sur les délégués élus et révocables formant l’Assemblée constituante par laquelle le peuple lui- même décidera d’en finir avec les carcans qui l’étouffent et de prendre son sort entre les mains.
Ce parti, nous avons commencé à l’édifier. Nous invitons tous ceux qui partagent ses objectifs, ou qui du moins veulent en discuter, à participer aux assemblées ouvertes du POID. Rejoignez le POID.
Le bureau national du POID, le 13 décembre 2015, 23 heures