Le gouvernement supprime 160 000 « contrats aidés » Quelles conséquences pour ces salariés précaires jetés à la rue ? Quelles conséquences pour les services rendus à la population ?

picto pdf petitLe gouvernement supprime 160 000 « contrats aidés »

Quelles conséquences pour ces salariés précaires jetés à la rue ? Quelles conséquences pour les services rendus à la population ?

Ils sont utilisés comme bouche-trou. Ils sont payés une misère. Ils vivent dans l’incertitude du lendemain, le plus souvent dans des situa- tions de grande précarité. Et maintenant, des dizaines de milliers de travailleurs sont menacés par le gouvernement Macron-Philippe d’être jetés à la rue.

Le 9 août, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a déclaré à l’Assem- blée nationale : « Les contrats aidés sont extrêmement coûteux pour la nation » et a donc annoncé la baisse du nombre de ces contrats (voir encadré).

Cela s’inscrit dans la décision annoncée, au début de l’été 2017, par le gouvernement Macron-Philippe, de couper 20 milliards d’euros dans le budget de l’Etat en 2018 pour satisfaire aux critères du traité de Maastricht (et en particulier celui qui impose que le déficit public soit inférieur à 3 % du PIB).

Si les postes de titulaires nécessaires ne sont pas créés, et si les contrats aidés sont supprimés, qui assurera demain les services de cantine dans les écoles ? Qui assurera les fonctions d’Atsem ?

Qui assurera l’entretien de la voirie, le ramassage des ordures, le salage des trottoirs en période de gel ? Qui les remplacera dans les centres de loisirs le mercredi après-midi, pendant les temps d’activités périscolaires (TAP), après la classe le soir ?

150 000 « contrats aidés » sont chargés, dans des associations, de prendre en charge les services d’aide à la personne et les missions d’insertion. S’ils sont supprimés, que se passera-t-il ?

Dans de nombreuses communes, la rentrée scolaire est rendue impossible en raison de la suppression des « contrats aidés ».

La décision du gouvernement de supprimer 160 000 « contrats aidés » est inacceptable !

Elle doit être annulée, comme doivent être annulées les ordonnances
qui démantèlent le Code du travail et les mesures qui menacent la Sécurité sociale.


Les « contrats aidés », subventionnés par l’Etat, ont été créés en 1980. Dans le secteur public (collectivités territoriales, l’Éducation nationale et les hôpitaux), ils ont été utilisés par les gouvernements successifs pour ne pas créer les postes statutaires nécessaires et pour transférer aux associations les missions auparavant dévolues à l’État ou aux collectivités. Dans le privé, la prise en charge par le budget de l’État de 35 % du Smic a répondu à l’exigence patronale de baisse du coût du travail*.
Leur nombre a atteint 459 000 en 2016 dont plus de 210 000 dans la fonction publique et autant dans les associations.
210 000 emplois, sans garanties statutaires qui, en raison des sup- pressions de postes dans la fonction publique, sont devenus, de fait, indis- pensables pour le fonctionnement des services municipaux (cantines scolaires, entretien…) et des hôpitaux.
__
* Les contrats aidés CUI-CAE et CUI-CIE sont pris en charge par l’État, dans le secteur non marchand, à hauteur de 75 % du Smic. Dans le privé, l’État les prend en charge à hauteur de 35 % du Smic.

A bas les ordonnances !
A bas la politique du gouvernement Macron ! Unité des travailleurs et des organisations pour les faire reculer !

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Macron c’est la dictature des 3% exigés par l’Union européenne !

picto pdf petitMacron c’est la dictature des 3% exigés par l’Union européenne !

  • Des incendies dans le Sud-est qu’on combat difficilement faute de moyens suffisants.
  • Des communes qui ferment des services publics entiers en conséquence de l’étranglement financier décrété par le gouvernement qui ponctionne 13 milliards d’euros sur les collectivités territoriales.
  • Aéroports de Paris livré à la privatisation.
  • Les tarifs d’EDF qui augmentent.
  • La diminution de l’APL.
  • La remise en cause de la Sécurité sociale par la suppression des cotisations au 1er janvier.
  • Et les lois d’habilitation des ordonnances votées par le Parlement pour remettre en cause le Code du travail et permettre aux patrons, entreprise par entreprise, d’imposer aux travailleurs n’importe quelles conditions de travail.

Qu’y a-t-il de commun entre toutes ces informations ?

Ce qu’il y a en commun : toutes ces décisions sont prises par le gouvernement Macron.

Toutes sont prises en application des directives européennes et des critères de Maastricht.

Macron ne s’en cache pas : il veut être Monsieur 3 %. Pour atteindre les fameux 3 % de déficit public des critères de Maastricht, il est prêt à sabrer comme aucun gouvernement ne l’a fait avant lui dans les services publics, dans les droits ouvriers.

Tout cela pour quoi ?

Pour garantir aux capitalistes, aux patrons, aux banquiers, aux spéculateurs que leur monnaie unique restera stable. Tout cela pour garantir que leurs profits ne seront pas remis en cause et même continuent de croître.

Les travailleurs et leurs organisations n’ont rien à gagner à de prétendues concertations dont l’objectif est de les associer à la politique du gouvernement.

Un seul mot d’ordre d’unité :

A bas les ordonnances !
A bas la politique du gouvernement Macron ! Unité des travailleurs et des organisations pour les faire reculer !

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Projet d’ordonnances « Primauté de l’accord d’entreprise », qu’est-ce que cela veut dire ?

Projet d’ordonnances Macron-Philippe

La primauté de l’accord d’entreprise

 

picto pdf petitLe Conseil des ministres du 28 juin a adopté « le projet de loi d’habilitation à prendre par ordonnances les mesures pour le renforcement du dialogue social ».

Le cœur du projet de loi est la remise en cause du principe de faveur.

• Que dit jusqu’à présent le Code du travail ?

L’article L135-2 du Code du travail définit en ces termes le principe de faveur : « Lorsqu’un employeur est lié par les clauses d’une convention ou d’un accord collectif de travail, ces clauses s’appliquent aux contrats de travail conclus avec lui, sauf dispositions plus favorables. »

Donc, un accord d’entreprise passé par un patron ne peut contenir que des « dispositions plus favorables » au salarié que celles de la convention collective ou de l’accord de branche (qui eux-mêmes ne peuvent qu’être supérieurs au Code du travail).

• Que dit l’article 1er du projet de loi Macron-Philippe ?

Il affirme qu’il faut « reconnaître et attribuer une place centrale à la négociation collective notamment d’entreprise ».

Cela se fera en « définissant les domaines dans lesquels la convention ou l’accord d’entreprise ne peut com- porter des stipulations différentes de celles des conventions de branche ou accords professionnels ou inter- professionnels, les domaines et conditions dans lesquels les conventions de branche ou accords professionnels ou interprofessionnels peuvent stipuler expressément s’opposer à toute adaptation par convention ou accord d’entreprise et en reconnaissant dans les autres matières la primauté de la négociation d’entreprise » (article 1er, premier chapitre, alinéa a).

En définissant par la loi des domaines où l’accord d’entreprise ne peut être différent de l’accord de branche, on définit de fait les domaines où les accords d’entreprise pourront s’imposer.

De même, si des accords de branche définissent les questions auxquelles l’accord d’entreprise ne pourra pas déroger, ils établiront par là même tous les domaines dans lesquels cela sera possible.

C’est la destruction du « principe de faveur ».

Dans cette logique, le projet de loi prévoit que les organisations syndicales participeront au niveau de la branche à la définition de ce qui va être autorisé comme dérogation (supplémentaire !) au niveau de l’entreprise.

Face au projet de loi du gouvernement, une seule réponse s’impose :

À bas les ordonnances !

Rétablissement de la hiérarchie des normes du Code du travail ! Abrogation de la loi El Khomri !

Le Parti ouvrier indépendant démocratique se fixe, à travers cette campagne, d’aider à forger le bloc uni des travailleurs et des organisations qui mettra à bas les ordonnances.


Vous voulez en savoir plus ? Lisez le dossier dans La Tribune des travailleurs. Prenez contact avec le POID.

Le POID en campagne pour la mobilisation unie des travailleurs et de leurs organisations pour imposer le retrait des ordonnances

POID

picto pdf petitÀ bas les ordonnances !

Le contenu des ordonnances du gouvernement Macron-Philippe est connu :

  • destruction du Code du travail ;
  • mise sous tutelle des syndicats ;
  • licenciements facilités.

Un président illégitime, une Assemblée nationale illégitime prétendent imposer la destruction de toutes les conquêtes sociales.

Légitime est la mobilisation unie des travailleurs et de leurs organisations pour imposer:

  • retrait des ordonnances !
  • rétablissement de la hiérarchie des normes du Code du travail, non à la primauté de l’accord d’entreprise, abrogation de la loi El Khomri !
  • retrait des projets du gouvernement contre la Sécurité sociale !
  • oui à la Sécurité sociale fondée sur le seul salaire différé et la solidarité ouvrière ! Abrogation de la CSG !
  • ne touchez pas aux régimes de retraite ! Non à la retraite par points !

Sur ce terrain peut et doit se forger le bloc uni des travailleurs et des organisations.


Associez-vous à cette campagne, prenez contact avec les comités du POID

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Que va-t-il rester du Code du travail ?

pdf pictoLe projet de loi sur le Code du travail a été révélé par Le Parisien du 5 juin. Son article 1er comprendrait huit ordonnances. La première propose d’« attribuer une place centrale à la négociation collective d’entreprise en élargissant ses champs de compétences ».

Quels sont les champs de compétences concernés ?

• La durée du travail.

• La santé et la sécurité.

• Le travail de nuit.

•Les salaires.

• La protection des salariés de moins de 16 ans.

• Et même… le contrat de travail en tant que tel.

Aujourd’hui, quand vous signez un contrat de travail, vous savez que vous vous appuyez sur des droits consignés dans le Code du travail, dans les conventions collectives et les accords de branche, qui imposent des obligations auxquelles le patron ne peut se soustraire*.

Demain, toutes ces questions pourraient être traitées entreprise par entreprise, sans obligation de respecter la loi (Code du travail) ou les conventions collectives. En clair, le patron pourrait définir toutes les règles internes à l’entreprise.

Ainsi, si dans votre contrat de travail « maison » le patron vous a imposé à l’avance des conditions sur votre « productivité », vos « absences » autorisées, sur la mobilité, sur les heures supplémentaires non payées, tout manquement de votre part lui permettra de vous licencier, sans qu’il ait besoin de « justifier une cause réelle et sérieuse ».

Les indemnités de licenciement pourraient également être prédéfinies au niveau de l’entreprise.

Le calendrier est lui aussi connu :

• 6 juin : la « feuille de route » a été rendue publique et remise aux organisations syndicales.

• Du 7 juin au 14 juillet : la concertation sera engagée avec les syndicats.

• Entre le 24 et le 28 juillet : la loi d’habilitation permettant au gouvernement de promulguer la loi par ordonnances sera présentée au Parlement.

• 20 septembre : adoption des ordonnances en conseil des ministres.

Peut-on laisser faire ?

* La loi El Khomri a ouvert une première brèche dans ces principes en renvoyant à l’entreprise la négociation sur les heures supplémentaires.

Macron veut généraliser la précarité… et au pas de charge !

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Le gouvernement Macron-Philippe veut boucler la totalité de ses contre-réformes sur les dix-huit premiers mois du quinquennat : le démantèlement du Code du travail tout de suite, la remise en cause de l’assurance-chômage et du système de formation à la fin de l’année puis celle des régimes de retraite en 2018.

Concernant le Code du travail, le Premier ministre a confirmé son calendrier : vote de la loi d’habilitation des ordonnances en juillet, publication des ordonnances à la rentrée.

Le contenu de cette réforme, c’est la généralisation de la précarité à tous les travailleurs (lire le témoignage ci-contre).

Elle prévoit notamment :

• la primauté des accords d’entreprise : Macron veut subs- tituer les accords d’entreprise aux accords de branche et interprofessionnels à tous les domaines ;

• le plafonnement des indemnités prud’homales.

Le recours aux ordonnances vise à aller vite car Macron veut absolument éviter une mobilisation telle que la loi El Khomri a pu en provoquer. Pour les travailleurs, la question est : comment créer les conditions de l’unité pour préparer la contre-offensive ouvrière et bloquer les plans du gouverne- ment Macron-Philippe ?

• Étendre le statut d’auto-entrepreneur. Déjà, plus d’un million de travailleurs ont été contraints d’adopter ce type de statut. Derrière ce titre ronflant, ces travailleurs, pour un revenu équivalant à un Smic, ne peuvent plus bénéfi- cier des droits arrachés depuis plus d’un siècle… puisque l’on n’est plus salarié. C’est ce que des journalistes ont appelé « l’ubérisation de la société » : généraliser la préca- rité à toute la classe ouvrière.

Tel est le programme de Macron. Peut-on laisser faire ?


Témoignage

Mathieu, 22 ans : « Avec mon salaire de 481 euros par mois, je mange aux Restos du cœur »:

« Au départ je suis menuisier, mais pas de travail. Au bout de quatre ans de galère, j’ai décroché un CDI… enfin, un “CDI-Macron”… C’est un temps partiel non fixe. On part la nuit en camion ramasser des poulets chez des éleveurs et les emmener aux abattoirs. Alors, la fin du travail, c’est selon la fin de la tournée. Il m’est arrivé de travailler vingt-quatre heures d’affilée, avec les transports, car on va jusque dans l’Yonne.

Mes salaires : janvier 530 euros, février : 360 euros, mars : 580 euros, avril : 455 euros. Je n’arrive même pas à en vouloir à mon patron car il est comme nous. Les éleveurs le payent en retard, ou mal. Car eux aussi sont ruinés. Lui, il passe des mois sans salaire.

En fait, c’est une chaîne de misère et les seuls qui gagnent, ce sont les abattoirs et la grande distribution. Et derrière, on sait qu’il y a des banquiers ! Je ramasse des poulets à longueur de journée et je ne peux pas m’en payer un au supermarché du coin. Avec un CDI de ce type, Laura et moi, on va aux Restos du cœur ! Impossible de se projeter dans l’avenir. Comme les CAF ont du retard de versement, on n’a même pas l’APL depuis des mois et le propriétaire nous menace d’expulsion. Il ne veut rien comprendre. presidentielle-160-elus-socialistes-appellent-voter-macron_0»

« Le gouvernement passe à l’attaque contre le Code du travail » (POID)

Le gouvernement passe à l’attaque
contre le Code du travail

Code du travail manif

pdf picto(Tract du POID du 24 mai 2017) Le gouvernement Macron-Philippe a décidé de passer à l’attaque contre le Code du travail.

Dès le 23 mai, le Premier ministre, Édouard Philippe, et la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, ont tenu des « rencontres bilatérales avec l’ensemble des organisations syndicales et patronales ».

Le Premier ministre affirme : « Une fois que la discussion aura lieu, il faudra aller vite. On ne peut pas attendre deux ans pour achever cet exercice. »

« Aller vite » pour mettre en œuvre :

  • les accords d’entreprise ;
  • la possibilité offerte aux patrons d’organiser eux-mêmes les référendums (c’est-à-dire le chantage) dans les entreprises ;
  • le plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement.

Et pour couronner le tout, la destruction du Code du travail, qui devrait disparaître pour faire place à un nouveau texte « allégé », grâce à l’utilisation des ordonnances en juillet.

Le Code du travail, déjà gravement remis en cause par la loi El Khomri, est une arme pour se protéger de la surexploitation à outrance.

Malgré cela, des centaines de milliers de jeunes (et de moins jeunes) se trouvent déjà dans une situation de précarité permanente. Il y a déjà dans ce pays plus de un million « d’auto-entrepreneurs ».

Mais le gouvernement veut aller plus loin. Il entend instaurer l’institutionnalisation de la précarité. Au travers de « l’ubérisation », c’est le retour au contrat individuel de louage de service du XIXe siècle.

Les jeunes, les travailleurs, eux, veulent un vrai travail protégé par les statuts et les conventions collectives.

Aider à établir les faits dénonçant la précarité et défendre le Code du travail relèvent d’un seul et même combat.

Nous lançons un appel à témoins.

Travailleurs, parents, syndicalistes, jeunes, tous ensemble rassemblons les faits, les témoignages pour établir un « livre noir » de l’accusation contre le travail précaire.

Le POID se prononce pour :

  • l’abrogation de la loi Travail !
  • non à l’ubérisation de la société !
  • un seul contrat : le CDI à temps plein !
  • Un vrai travail, un vrai salaire !

Lisez le dossier sur le Code du travail dans La Tribune des travailleurs

Prenez contact avec le POID

Participez aux assemblées ouvertes de préparation du congrès national du POID qui aura lieu les 24 et 25 juin 2017

« Dans ce boulot, tu n’es pas licencié, tu es désactivé » − Erol, livreur à vélo à Lille

« Tout le monde n’est pas fait pour être salarié »
Déclaration d’Emmanuel Macron, le 11 janvier 2016

Delivroo

pdf pictoLe programme du gouvernement Macron-Philippe peut se résumer ainsi : remise en cause des droits des salariés et extension de la précarité à tous.

Le gouvernement veut :

– Aller encore plus loin que la loi El Khomri, c’est-à-dire généraliser les accords d’entreprise et atomiser les droits des salariés entreprise par entreprise.

– Suspendre le versement des allocations chômage après le refus de plus de deux offres d’emploi dit décent, pour un salaire qui peut être inférieur de 20 à 25 % au dernier salaire reçu.

– Généraliser les petits boulots, les contrats sous-payés qui frappent déjà des centaines de milliers de jeunes et de moins jeunes.

– Étendre le statut d’auto-entrepreneur. Déjà, plus d’un million de travailleurs* ont été contraints d’adopter ce type de statut. Derrière ce titre ronflant, ces travailleurs, pour un revenu équivalant à un Smic, ne peuvent plus bénéficier des droits arrachés depuis plus d’un siècle… puisque l’on n’est plus salarié. C’est ce que des journalistes ont appelé « l’ubérisation de la société » : généraliser la précarité à toute la classe ouvrière. Tel est le programme de Macron. Peut-on laisser faire ?


Extrait de l’un des témoignages publiés dans La Tribune des travailleurs n° 89 :

Erol, livreur à vélo à Lille (Nord)

On les croise dans les rues des grandes villes. À vélo, un chargement sur le dos, qu’il vente ou qu’il pleuve, ils livrent des repas à des particuliers pour une plate-forme de livraison. Nous avons rencontré Erol, livreur et « auto-entrepreneur » depuis deux ans.

Comment es-tu devenu coursier-livreur ?

Tu postules sur Internet, il y a quelques formalités, il n’y a besoin d’aucune compétence particulière. Ça donne l’idée qu’avec un smartphone et un vélo, tu peux trouver très facilement du travail. Tout se passe par Internet, jusqu’à ce que tu sois convoqué à un « shift » d’essai (tout est en anglais : un « shift », c’est un service).

Mais quel est ton statut ?

Une fois sélectionné, tu dois devenir auto-entrepreneur. Les formalités sont très simples. C’est accompagné d’un discours te disant que « tu seras plus libre ». On met en avant les aspects attrayants : possibilité de travailler quand tu veux, et on te fait miroiter un revenu de 23 euros l’heure, ce qui est très exagéré. Enfin, on finit par rencontrer une personne en chair et en os : le « city-manager », qui est généralement un jeune sorti d’une école de commerce et entouré d’une armée de stagiaires. Là, tu signes un contrat. On te prête le matériel, moyennant une caution : sac de livraison, tee-shirt, veste.

En quoi consiste ton travail ?

Le système est organisé autour d’une application sur le smartphone. À jour fixe et heure fixe une fois par semaine, l’entreprise fournit le planning de la semaine. Et là, c’est la guerre entre les livreurs ! Chacun est derrière son ordinateur et se bat pour avoir du travail, pour réserver le maximum de créneaux. Plus on est nombreux, plus cela réduit la quantité de créneaux. En dix minutes, tous les créneaux ont été pris. Si tu n’as pas réussi à te connecter à Internet, tant pis.

Lors de chaque créneau, tu dois être disponible, connecté à l’application sur ton smartphone, tu es en ville à vélo, tu reçois des commandes et tu dois aller les chercher dans un restaurant et les livrer. Tu as le droit de refuser une course, mais cela est pris en compte par l’application, qui tient à jour des statistiques sur chaque livreur : taux d’acceptation, statistiques sur ta ponctualité, état de la marchandise… Cela permet aussi de comparer les livreurs. Si tes statistiques ne sont pas satisfaisantes, ils se séparent de toi (…).

Lisez la suite de ce témoignage dans La Tribune des travailleurs

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* Les Échos, 28 février 2017.

« Macron n’a aucune légitimité ! »

– Communiqué –

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Macron n’a aucune légitimité !


Pourtant, les institutions de la Ve République lui donnent tout pouvoir pour détruire la Sécurité sociale et ce qu’il reste du Code du travail.

Comment l’en empêcher ?

Par l’unité ouvrière !

pdf pictoCe 7 mai, Macron a été élu. Mais les faits établissent qu’il est ultra minoritaire.

La preuve :
  26 % des électeurs inscrits se sont abstenus ;

  9 % des électeurs inscrits ont émis un vote blanc ou nul ;

– les suffrages exprimés représentent donc moins de deux électeurs sur trois, un record historique, et parfois même moins de la majorité des électeurs dans les quartiers ouvriers ;

–  Macron, avec 65 % des suffrages exprimés recueille donc les suffrages de 42 % des électeurs inscrits ;

–  Et tout le monde sait que plus de la moitié des voix recueillies par lui viennent d’électeurs en désaccord avec son programme, qui ont voulu voter contre Le Pen
Ainsi donc, quatre électeurs sur cinq ont refusé de soutenir le programme de Macron. Ce président ultra-minoritaire n’a aucune légitimité.

Pourtant, les institutions de la Ve République sont ainsi faites qu’un président qui représente 20 % de l’électorat concentre entre ses mains 100 % des pouvoirs.

Ces pouvoirs, il annonce vouloir les utiliser :

–  dès le début de l’été en recourant aux ordonnances et à l’article 49-3 pour une destruction totale du Code du travail, aggravant la loi El Khomri ;

–  pour faire disparaître l’assurance maladie, pilier de la Sécurité sociale, conquête ouvrière de 1945 fondée sur le salaire différé. Il a même prévu de supprimer le remboursement de ce qu’il ose appeler « les soins inutiles » pour ensuite s’attaquer aux « soins utiles » ;

–  pour liquider les régimes de retraite par répartition et instaurer la retraite à points.

Macron n’est que l’instrument – illégitime, répétons-le – d’une poignée de capitalistes et de banquiers, avides de frapper la classe ouvrière qui a osé déferler par millions dans tout le pays pour le retrait de la loi El Khomri. Dans cet objectif, il a même prévu – c’est la logique de la Ve République – d’exiger des organisations syndicales qu’elles s’associent à l’élaboration et à la mise en œuvre de ces plans de destruction.

De toutes parts, on se félicite que Le Pen soit battue. Certes, mais pour les travailleurs, pour le mouvement ouvrier, deux questions sont posées : comment en est-on arrivé là ? Que faire pour empêcher le désastre annoncé ?

Comment en est-on arrivé là ?

Cinq ans de gouvernement Hollande, cinq ans de plans de régression sociale, de destruction, de contre-réformes dictées par l’Union européenne : lois Macron, Touraine, MAPTAM, NOTRe, El Khomri, Peillon, pacte de responsabilité. Et la fermeture d’usines, d’hôpitaux, d’écoles, de bureaux de poste. Et la répression contre les syndicalistes et les jeunes.

Dans les départements, régions et communes, tous les partis de « gauche » (y compris ceux qui ont soutenu ensuite La France insoumise) ont mis en œuvre les mêmes mesures relayant les politiques d’austérité, supprimant les postes de personnels, privatisant les services publics notamment par la mise en œuvre de l’intercommunalité forcée, aggravant les conditions d’existence de la population.

La division : même dans ces conditions difficiles, l’unité entre Hamon (désigné comme candidat par la primaire du PS parce qu’il remettait en cause, au moins partiellement, la politique de Hollande) et Mélenchon pour une candidature unique pour l’abrogation de la loi El Khomri – première mesure visant à inverser le cours des choses – aurait totalement modifié la situation. Mais ces deux candidats, refusant la voie de l’unité, aiguisant la division, ont choisi de faire élire Macron.

C’est la logique des institutions antidémocratiques de la Ve République

Dans la Ve République, les élections politiques ne visent pas à permettre aux électeurs de choisir entre différents programmes. L’élection décisive, c’est le plébiscite tous les cinq ans pour élire un roi sans couronne, choisir celui que l’on préfère ou plutôt celui que l’on déteste le moins. Une fois élu, même par défaut, le président se trouve ensuite doté de tous les pouvoirs pour s’attaquer à la classe ouvrière et à la démocratie.

Voilà pourquoi l’élection au suffrage universel du président de la République doit être supprimée. Voilà pourquoi les institutions de la Ve République doivent être abrogées.

L’heure est venue d’élire une Assemblée constituante souveraine

Au soir de ce second tour, les responsables des partis institutionnels ont tous réaffirmé leur respect de ces institutions antidémocratiques et souhaité plein succès à Macron. Il y a ceux qui se portent candidats pour aider le nouveau président à mettre en œuvre sa politique, il y a ceux qui se proposent de jouer le rôle d’une opposition loyale, voire même de gagner les élections législatives pour gouverner en cohabitation avec Macron.

L’expérience a appris aux travailleurs que sous la Ve République, régime bonapartiste où tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains du président, l’opposition à l’Assemblée nationale est une opposition impuissante. Sa seule fonction est de donner un vernis démocratique aux mesures anti-ouvrières et antidémocratiques prises par le président.

Appuyés sur leur expérience de la manière dont le gouvernement Hollande-Valls, à coups de 49-3 et d’ordonnances, a fait passer ses plans anti-ouvriers, les travailleurs sont en droit de dire : la défense de nos droits, la défense de notre existence, celle des jeunes, celle de nos familles, la défense de la démocratie, ne passent pas par le petit jeu faussement parlementaire de la Ve République, mais par la liquidation de la Ve République et l’élection d’une Assemblée constituante souveraine.

Car dans une telle assemblée, les délégués du peuple, élus, mandatés, révocables, contrôlables, prendront entre leurs mains tout le pouvoir pour établir des institutions qui correspondent à la démocratie. Cela parce qu’ils auront été élus non comme les courtisans d’un « sauveur suprême », mais à la proportionnelle intégrale des listes en présence sur la base de leurs programmes politiques.

Hier, aujourd’hui, demain : en toutes circonstances, le Parti ouvrier indépendant démocratique agit pour l’unité ouvrière et la démocratie

Partisan d’un gouvernement ouvrier, il se prononce pour l’Assemblée constituante pour en finir avec l’Union européenne et la Ve République.

Partisan de l’unité des travailleurs et de leurs organisations dans la lutte de classe, hier contre l’adoption de la loi El Khomri, aujourd’hui pour son abrogation, il entend jeter toutes ses forces dans l’action politique pour aider à la réalisation du front commun le plus solide, le bloc uni des travailleurs et des organisations pour bloquer les plans meurtriers de l’illégitime « président-20% ».

Le Parti ouvrier indépendant démocratique estime qu’il est urgent de construire un authentique parti ouvrier sur des bases de classe. C’est sur ces objectifs qu’il présente des candidats aux élections législatives pour aider à la réalisation de l’unité, pour l’abrogation de la loi El Khomri, contre les attaques qui menacent la Sécurité sociale et le Code du travail, pour l’Assemblée constituante pour en finir avec la Ve République. C’est pour en débattre qu’il invite travailleurs, militants et jeunes à participer aux assemblées qu’il organise dans tout le pays dans les prochains jours.

Le bureau national du POID – Paris, le 7 mai 2017 – 22 h 30

1er mai – Message aux 13 de Maruti-Suzuki

13 Maruti header 2pdf pictoLe 1er mai, c’est la journée internationale de lutte de la classe ouvrière.

L’origine du Premier Mai, c’est le massacre des grévistes de Chicago, en 1886.

Six militants ouvriers furent condamnés à mort et exécutés en 1887 : les martyrs de Chicago.

130 ans plus tard, en Inde, 13 travailleurs et syndicalistes de l’usine Maruti Suzuki de Manesar viennent d’être condamnés à la prison à vie !

Leur seul « crime » : avoir constitué en 2012 un syndicat indépendant, et combattu pour

les revendications des travailleurs.

Dans le monde entier, militants et organisations ont protesté sous toutes

les formes aux ambassades de l’Inde.

En Inde, onze centrales syndicales nationales exigent ensemble leur libération immédiate.

Sortir de prison les 13 syndicalistes de Maruti, c’est défendre le droit de tous les travailleurs à constituer leurs syndicats.

C’est défendre le droit de grève pour tous les travailleurs.

MESSAGE

Aux 13 syndicalistes de Maruti Suzuki emprisonnés en inde

Ce télégramme sera porté aux militants ouvriers emprisonnés

Chers camarades,

En ce 1er mai 2017, nous, travailleurs et jeunes de France, vous transmettons nos salutations fraternelles et notre solidarité. Nous prenons l’engagement de nous battre, avec nos organisations, pour vous arracher de votre prison. En constituant votre syndicat, en défendant les revendications par la grève, vous n’avez fait qu’exercer un droit qui doit être garanti à tous les travailleurs du monde.

Mazdoor Ekta Zindabad !

(Vive l’unité des travailleurs, en hindi)

Libérez nos camarades

 

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